La Mourre

La Mourre : jeu du nombre illusoire des doigts

La Correspondance littéraire secrète, ce peut être l’histoire de deux êtres exceptionnels unis dans une fidélité essentielle, physique, matérielle et littéraire…

Romans épistolaires et correspondances secrètes, (jeux de mains, jeux de cœur…)

Cette première partie de collection est dédiée aux récits qui mettent en valeur les mots attachés aux sens, aux voluptés, avec l’exigence d’une haute qualité littéraire…

Ce sont des lettres, une correspondance, un « jeu » d’adultes.

Myriade de sentiments exaltés qui se répand et explose sur le miroir de notre attente de plaisir.

Pour partager nos audaces.

« Ce moment de réconciliation où nous nous retrouvons unis,

Moment de crépuscule, plein de frissons, de feuilles qui tremblent,

D’or dans les verres, de corps en mousseline de soie rouge

De baisers et d’interdits… »

Félicité d’écrire à deux, trois ou quatre, pour le ravissement du partage.

Cette deuxième partie de collection est consacrée au duo de plumes, mais aussi trio ou quarto.

An 2016, un soir d’octobre

Cher ami,

Comme un espoir qui vient chasser les ombres du soir, vos mots se sont répandus dans le creux de mon cœur. Vous dire que cela ne m’a point bouleversée serait bien maladroit, quelque peu mensonger aussi, et vous le révéler devient confession. Me livrer ainsi à vous, nous nous connaissons si peu, malgré mon insensé désir d’aller plus en avant que l’échange de mots, me fait vaciller dans un monde inconnu dénué de paravent.

Dans la phrase citée, rédigée comme un cri, où l’annonce de votre retrait d’écriture m’avait plongée dans une profonde mélancolie, je me livrais déjà. Ne plus vous lire aurait été pour moi, un réel chagrin, une lente dérive. Le froid m’engourdissait dès lors, et la tristesse venait de déposer son linceul sur mes mots. L’évidence était là ; j’aimais déjà les vôtres. Votre douce présence sur cette toile immense dénuée de chaleur, m’était devenue nécessaire, pour ne point dire vitale.

Vous aviez entendu, et vous me répondiez. Vous avez dissipez, de fait, mes brumes angoissantes, et ma barque glisse désormais dans un bonheur feutré. Vos doux mots ont noyé ma détresse dans la douceur de leur soie. Soyez-en remercié. Une brassée de lune illumine le silence et la brume est leur eau.

Chassant mon effroi par quelques mots si simples : « n’est plus… c’est vite dit quand même… ». Vous l’ignorez sans doute, mais vous me réchauffiez enfin. Et sur mes lèvres exsangues, un peu serrée peut-être, le sourire revint. Cruel que vous êtes, merveilleux insouciant.

J’ai gardé près de moi cette image de vous, depuis longtemps déjà ? Je ne saurais le dire. Partout où je suis, vous y êtes pareillement. Tantôt à mon oreille, tantôt sur mon écran, vous trônez, rayonnant, et votre doux visage me sourit chaque jour. Vous faites partie de moi, je fais partie de vous, c’est un doux sentiment que j’aime ressentir lorsque je pense à vous. A chaque heure du jour, des aubes silencieuses aux secrètes vesprées.

Le « vous » que vous employez, délicieusement désuet, est d’une beauté que j’avais oubliée, ou bien alors, ce sont vos mots pour le peindre qui lui confère tant de beauté.

Employez Monsieur, employez ! Pour sa beauté et sa grâce, pour son murmure à mon oreille, et le tressaillement, là, tout au fond de mon être, à chaque lecture…je ferme les yeux,…j’écoute.

Employez Monsieur, je vous le demande !

Je vous laisse un moment, mais ne vous oublie pas.

Je vous embrasse donc, et ose vous le dire.

Éprise de liberté, il est vrai je le suis. Ma nature sauvage circule dans mes veines. Un atavisme pur. Mais aussi des regrets dans mes rêves enclins à espérer le beau.

©Votre charmante amie

 

Boadithèque collection « La Mourre »